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Je vous en avais menacé, je commettrai un billet d’humeur plus ou moins toutes les semaines dans lequel j’essaierais d’alterner les domaines de la finance et de la fiscalité avec celui de l’actualité.
Pour beaucoup d’entre nous, l’actualité est parfois sportive. Cette semaine, parlons football.
Le championnat de France vient de se terminer, et puisque c’est le sport le plus populaire en France, consacrons-lui quelques lignes. Il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes pas une nation sportive. Nous aimons nous enthousiasmer plus que de raison pour les rois du stade, mais nous ne résistons pas au plaisir de les descendre en flammes à la première occasion.
Au terme d’une saison qui nous aura tenus en haleine jusqu’au bout (tant le résultat final ne fut acquis qu’à la dernière journée), Bordeaux fait un beau champion, Marseille un remarquable dauphin, et Lyon peut se qualifier pour la Champion’s League. Toulouse et Lille sont qualifiées pour la toute nouvelle ligue Europa.
Si notre championnat est parfois passionnant, il faut reconnaître qu’il est assez faible. Faute de ne pouvoir les payer autant que les espagnols, britanniques, italiens et allemands, nos meilleurs joueurs s’exilent régulièrement et nous sommes presque toujours absents des phases finales des compétitions européennes.
Logiquement, nous devrions au moins avoir une très belle équipe nationale. Hélas ! Nous souffrons d’un sélectionneur qui, même s’il disposait des 11 meilleurs joueurs du monde, parviendrait difficilement à constituer une équipe séduisante. Une absence d’autorité naturelle le conduit tout droit à l’autoritarisme, et un manque de simplicité le prédispose à des propos abscons et à un humour plus qu’approximatif.
Cependant, j’ai beau ne pas faire partie de ses fans, je dois reconnaître qu’il ne s’est pas autoproclamé patron de l’équipe de France. Nous devons cette promotion au Président de la Fédération. L’avantage de la position de président de la FFF, est que le poste est très préservé. Lorsque cela va mal, on critique les joueurs et le sélectionneur, mais jamais les vrais responsables, à savoir les dirigeants. Dans leur univers semi-gériatrique, ils s’élisent et se réélisent avec une complaisance qui n’a d’égale que leur insuffisance.
La semaine dernière, nous avons dû subir deux matchs d’une fadeur que l’habitude ne nous aide pas à digérer.En revanche, s’il est un domaine où nous nous distinguons particulièrement, c’est dans celui du public. Les supporters hexagonaux ne respectent pas la minute de silence, sifflent les joueurs avant même le coup d’envoi et ne parviennent pas à intégrer que dans une compétition, il faut bien qu’il y ait des perdants. Au carrefour des incompétences et de la stupidité, ils retrouvent quelques dirigeants dont les décisions sont pour le moins difficiles à comprendre.
Le F.C. Nantes, un des joyaux de notre passé footballistique, descend en seconde division et les supporters encagoulés dans leur lâcheté et leur bêtise, invectivent, vomissent et crachent sur un Président qui vient d’investir la bagatelle de 40 millions de ses propres deniers dans leur club. Pauvre France, au bal des abrutis, ces énergumènes n’auraient pas froid aux pieds.
Lille avait hérité d’un des tous meilleurs entraîneurs français. Au terme d’une saison ou malgré de nombreuses blessures, ce dernier hisse le club à la cinquième place, synonyme d’une qualification européenne, il se voit récompensé par un limogeage aussi stupide qu’incompréhensible, œuvre d’un responsable administratif incompétent, inquiet pour ses prérogatives et peu soucieux des réels intérêts d’un club qui le fait vivre.
Marseille, hissé à la deuxième place par un entraîneur d’exception, ne fait rien pour le retenir alors que ses prétentions financières étaient inférieures à celles de son successeur.
Le P.S.G, réalise une de ses meilleures saisons depuis longtemps. Son entraineur en est le principal artisan, peu importe, lui aussi est remercié avec une inélégance rare.
Il faut espérer que la prochaine saison donnera raison aux dirigeants vertueux et pénalisera les mauvais comportements. En cherchant bien, ce genre de dérives ne se produisent pas que dans le football, mais c’est une autre affaire.
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